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Arrêt maladie pendant les congés : la Cour de cassation ouvre le droit au report — un enjeu majeur face au burn-out

Le 10 septembre 2025, la Cour de cassation a reconnu qu’un salarié en arrêt maladie pendant ses congés payés peut désormais reporter les jours de congé coïncidant avec cet arrêt (communiqué officiel).


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Ce revirement aligne le droit français sur la directive européenne 2003/88/CE, qui impose que les salariés ne perdent pas leur droit à congés en cas de maladie. Il consacre deux idées clés :


  • Le congé payé vise le repos, les loisirs, la détente.

  • Le congé maladie vise le rétablissement de la santé physique ou psychique.


Si le salarié est malade, il ne peut bénéficier pleinement de ses congés : ceux-ci doivent donc pouvoir être reportés.



Quand le corps “lâche” pendant les vacances


Cette évolution juridique résonne fortement avec les réalités du burn-out.Nombreux sont les salariés qui tombent malades… au moment même où ils se reposent.


Pourquoi ? Parce que le stress chronique et la fatigue accumulée ne disparaissent pas instantanément au début des congés. Le mental ralentit, mais le corps, jusque-là tenu sous tension, profite du relâchement pour “craquer” : infections, fatigue extrême, troubles psychosomatiques, etc.


Ce phénomène est connu en psychologie du travail : le corps « lâche » quand le mental baisse la garde.



Un levier pour mieux prévenir le burn-out


Ce nouveau droit a un impact concret sur la prévention du burn-out :


  • Il déculpabilise les salariés qui n’osent pas poser un arrêt de peur de “gâcher” leurs congés.

  • Il reconnaît juridiquement qu’un arrêt maladie n’est pas du repos, et qu’un vrai repos reste nécessaire.

  • Il encourage à écouter les signaux d’épuisement plutôt que de les ignorer.


Ainsi, on cesse de confondre « vacances » et « récupération » : le repos ne se décrète pas, il se construit.



Points de vigilance à connaître


  • Le salarié doit transmettre son arrêt maladie à l’employeur pour activer le report.

  • L’application concrète dépendra des conventions collectives et des pratiques RH.

  • Le report de congés ne remplace pas une politique de prévention du burn-out : charge de travail, organisation, soutien psychologique et équilibre vie pro/perso restent essentiels.



À retenir


Cette décision du 10 septembre 2025 est plus qu’un ajustement technique du droit du travail : elle reconnaît la vulnérabilité humaine et l’importance d’un repos effectif.Face au burn-out, il est crucial que le droit soutienne ceux qui ont besoin d’un vrai temps de récupération — et pas seulement d’un calendrier de congés.

 
 
 

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Consultations souffrance au travail

© 2022

Tiphaine Périn | Psychologue

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